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 Anathazerïn (Chroniques Oubliées)

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Nutt
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MessageSujet: Anathazerïn (Chroniques Oubliées)   Mar 7 Mar 2017 - 21:31

Sujet de la partie

Préambule

Pour les habitants de Clairval, tout commença par la disparition de leurs enfants pendant la nuit. Pas moins de quinze enfants manquaient à l’appel, enlevés pendant leur sommeil. Les portes de leurs maisons avaient été forcées, mais personne n’avait rien entendu...
L’enquête révéla que l’eau du puits avait été empoisonnée par un saltimbanque itinérant, le vieux Cardo, plongeant tous les habitants dans un coma profond. Retrouver Cardo ne fut pas une mince affaire, car il était prisonnier d’une bande de gobelins cachés dans la forêt. En fait, ceux-ci détenaient sa femme et l’avaient obligé à les aider à kidnapper les bambins qui avaient été livrés la nuit-même au château du baron...

Accompagnés des villageois, les héros se rendirent au château qui s’avéra hermétiquement fermé. Un silence de mort planait sur les lieux et nul ne répondit à leurs appels. Une magie puissante empêchait quiconque d’entrer.

Monsieur Carillon, le bourgmestre révéla qu’il existait un souterrain qui reliait le cimetière au château. Les héros durent se résoudre à l’emprunter malgré la présence de nombreux mort-vivants sortis des tombes. Le passage labyrinthique et dangereux les mena au cœur du château dont tous les habitants avaient été pétrifés. Dans le bâtiment principal, les héros affrontèrent deux ogres féroces pour délivrer le baron.
Ce dernier pu alors leur révéler la cause de tous ces événements. Un puissant nécromancien avait été délivré de la prison où un ancêtre du baron l’avait enfermé. Le sorcier voulait utiliser les âmes des enfants pour retrouver sa puissance et se venger de son emprisonnement. Le rituel avait déjà commencé dans la tour et, in extremis, l’intervention des héros permit de sauver les enfants à l’issue d’un combat épique contre les pouvoirs mortels du nécromant et de ses sbires mort-vivants.

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Nutt
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MessageSujet: Re: Anathazerïn (Chroniques Oubliées)   Lun 10 Avr 2017 - 14:56

De retour à Clairval

Il pleuvait depuis des jours et plus ils avançaient, plus le chemin se transformait en rivière de boue. Quatre aventuriers faisaient route ensemble depuis quatre jours, ils venaient tous d’un endroit différent mais leurs routes avaient fini par se croiser. Ils se rendaient à Clairval pour assister à l’événement de l’année – peut-être de la décennie – organisée au village, une immense fête en l’honneur de l’inauguration du temple de Thürdim construit de ses propres mains par Karoom, l’un des héros de Clairval. Karoom avait débuté la construction de son temple un peu après les événements qui ont secoué Clairval il y a 30 ans lorsque plusieurs gamins se sont fait enlever par un nécromancien et que cinq héros se sont dressé sur sa route pour l’empêcher de nuire, ce temple est donc l’œuvre de toute une vie.

Notre groupe de voyageur était composé de trois gnomes et un nain. Il y avait Huguette du Pré de Florette qui était agile et rusée comme un renard mais attirée telle une pie par tout ce qui brie, Melchior Glanztollerfinder un inventeur génial mais très peu patient avec les simples d’esprits, Wilfred Kripsritch un gnome mystérieux ayant un temps travaillé comme passeur d’âmes pour un temple située dans une contrée éloignée et enfin Thoriel Sacré-Marteau un prêtre nain de Thürdim, le dieu forgeron.

Alors qu’ils s’étaient arrêtés à l’auberge des deux ponts pour y retrouver Jerro. Celui-ci avait donné rendez-vous à Melchior – qui était originaire de Clairval – à cet endroit précis.
Arrivés à l’auberge, le groupe a rapidement compris que quelque chose n’allait pas, il faut dire que le malaise palpable parmi les clients et l’aubergiste aidait fortement à installer un climat de doute. Après un violent orage ayant provoqué un accident non loin de l’auberge, les 4 voyageurs firent éclater au grand jour la vérité concernant cet endroit. L’auberge abritait un trafic de Ratissante, une fleur très rare provoquant de fortes hallucinations et pouvant faire office de drogue. Ils retrouvèrent également Jerro qui était attaché dans la cave ainsi que quatre Gobelins qui s’étaient retrouvés là tout à fait par hasard.

Le lendemain, les responsables de ce trafic furent attachés aux chevaux récupérés à l’auberge afin d’être livrés au responsable local, le Baron Rodrick – l’un des anciens héros de Clairval – dont le château se trouve en bordure du village de Clairval.




Arrivés au village, les quatre aventuriers découvrirent que Karoom n’avait pas donné signe de vie depuis longtemps et le bourgmestre, Monsieur Carillon, leur demanda d’enquêter sur cette mystérieuse disparition.

Après s’être rendus au temple et surtout après y avoir combattu six Gobelins qui avaient saccagé les lieux, il fallait se rendre à l’évidence, aucune trace de Karoom.
Les Gobelins avaient trouvé la clé du temple lorsque l’orc Krush – l’un des cinq héros de Clairval – était venu au temple pour y prendre des nouvelles du nain, il avait pris l’habitude de planquer sa clé dans un trou non loin du temple et les Gobelins l’avaient observés faire.

Les trois gnomes et le nain se mirent donc en route pour la clairière où vivaient Krush et Félidra Lupus, une rôdeuse elle aussi ancienne héroïne de Clairval, absente depuis un petit temps. Ils furent assez mal reçu par Krush qui leur révéla que Karoom était sans doute reparti chez lui à Kaerimbor et qu’ils devaient se mêler de leurs affaires.

De retour au village pour annoncer cette nouvelle à Monsieur Carillon, on leur promit une audience avec le Baron dès le lendemain pour éclaircir cette histoire. Ce soir là, un elfe du nom de Morwindir arriva au village, il cherchait la magicienne elfe Maëla Elethian – la dernière ancienne héroïne de Clairval – afin de profiter de quelques enseignements mais elle aussi manquait à l’appel.




Un événement eu soudain lieu, une attaque de Gobelins dans le village ! Les aventuriers ont vite fait de leur régler leur compte mais quelques uns purent tout de même s’échapper et Louky, un petit garçon du village, manquait à l’appel. Le lendemain, Rodrick rencontra Huguette, Melchior, Wilfred, Thoriel et Morwindir afin de leur proposer une mission : retrouver Louky et enquêter sur ces étranges mouvements de Gobelins inhabituels dans la région.

Après avoir retrouvé la piste d’un clan Gobelin – le clan Nok-Nok chassé de leur caverne par le clan des Têtes Creuses – s’étant réfugié dans un vieux moulin en ruine, ils réussirent grâce à l’intimidation et au dialogue à convaincre leur chef Gamuk de les conduire à son ancien repère afin de retrouver Louky.

Arrivés au repère, les cinq aventuriers usèrent de discrétion et élaborèrent une stratégie afin de pénétrer dans la caverne sans éveiller les soupçons des Têtes Creuses. Leur plan fonctionna durant un temps mais ils durent se rendre à l’évidence, les Gobelins étaient trop nombreux pour eux.

Ils furent présentés au chef des Têtes Creuses, l’abominable Kolik, un Gobelin plus grand et plus fort que tous les autres dont la garde de l’épée était décorée d’une gemme rouge flamboyante. Kolik leur appris que Louky n’était pas ici et leur expliqua pourquoi leur clan avait déménagé. Une grande armée composée de Gobelins, d’Orques, de Géants, de Trolls menée par « quelque chose de puissant » arrivait du nord et il cherchait avant tout à être en sécurité lui et son clan.




Dans ces cavernes, les cinq voyageurs firent également la connaissance de Begdra, une Gobeline captive du clan Nok-Nok qui leur expliqua que son fils Mox était le meilleur ami de Louky et qu’ils se cachaient surement du danger. Elle leur demanda également de retrouver son fils.

Après s’être séparés de Gamuk et de Begdra, les aventuriers prirent la décision d’aller inspecter la maison de Karoom et la carrière située non loin de la demeure du nain.
Au lieu de trouver Karoom, ils rencontrent Maëla Elethian qui était venue demander conseil à son viel ami, en effet elle avait rêvé d’un elfe chevalier en armure blanche qui portait un gantelet en argent et ne comprenait pas la signification de cette vision, mais aucune trace du nain.
Après s’être rapidement entretenue avec les voyageurs, elle se téléporta on ne sait où sans donner aucune autre explication. Morwindir était dépité, il venait de trouver Maëla mais celle-ci venait de repartir.

La fouille de la carrière s’avéra être bien plus fructueuse puisque les cinq aventuriers retrouvèrent enfin Louky et Mox qui se cachaient là depuis une journée afin d’échapper à une horrible bête, un Ankheg que notre groupe venait de terrasser.

De retour à Clairval, tout le monde fut très heureux de retrouver Louky et nos aventuriers furent accueillis en héros.

Mais au nord, un mal gronde et se prépare…

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Dernière édition par Nutt le Ven 14 Avr 2017 - 17:48, édité 2 fois
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Cinel
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MessageSujet: Re: Anathazerïn (Chroniques Oubliées)   Mar 11 Avr 2017 - 1:13

Anathazerïn : Le Sang des Premiers Nés


Par Melchior Glanztollerfinder, chercheur et inventeur de génie




Chapitre 1 : La pluie.

Cela faisait déjà trois jours que la pluie tombait sans s’arrêter. Un caprice météorologique des plus inconvenants, croyez-moi sur parole. Une averse estivale classique est suffisante pour vous tremper les habits et vous rincer le moral. Mais celle-ci refusait de laisser la moindre seconde de répit aux voyageurs. La terre était boueuse, le ciel été noyé par des nuées de nuages monochromes et le soleil lui-même était devenu une ombre, cachée derrière la nébuleuse grise qui s’étendait à perte de vue.
Je n’avais jamais eu l’occasion d’observer un tel phénomène climatique. A vrai dire, j’aurais sans doute apprécié l’étudier, assis confortablement chez moi, le télescope collé à la fenêtre. Mais ce jour-là, mon humeur n’était pas à la recherche, car j’étais moi-même victime du déluge.

J’avais laissé de côté mes expériences à Clairval pour aller présenter quelques-unes de mes inventions à Valastir. Mais une demi-douzaine de jour avant le déluge, j’avais reçu une lettre de mon ami Jerro, m’invitant à revenir à Clairval pour assister à l’inauguration du temple construit par Karoom en l’honneur de Thürdim.
Evidemment, la religion ne m’intéressait pas plus qu’aujourd’hui, mais sachant que de nombreux badauds venus de tout Osgild y seraient présent, j’avais décidé de me rendre à cette inauguration. C’était en effet l’occasion pour moi de présenter mes créations devant une grande foule et peut-être même de capter l’intérêt de mécènes potentiel. Je n’aime pas vraiment partager le crédit de mes inventions avec des ploutocrates stupides, mais de l’argent c’est de l’argent, et mes travaux ont bien besoin de finances, qu’importe l’insipidité de celui qui l’avance.

Sur le chemin de Clairval, j’avais rejoint d’autres voyageurs se dirigeant vers le temple. Leur présence ne m’amusait guère, mais je me disais qu’en cas d’attaque de bandits ou d’animaux sauvages, ils seraient sans doute utile. Il est bon d’avoir des animaux malades à laisser derrière pour sauver les éléments important du troupeau. C’est à peu près l’idée que j’avais en tête.

Il y avait Thorriel, un prêtre de la guerre nain. Comme tous les nains, je crois. Frapper des trucs, se faire pousser la barbe et construire des édifices carrés en pierre : je crois bien que c’est tout ce que les nains savent faire.
« Enfin au moins il est court sur patte, avec un peu de chance il trébuchera dans sa barbe si on se fait poursuivre » me disais-je.

Il y avait aussi Wilfred. A l’époque, le gnome ne parlait que très peu. Je pensais qu’il est simplet, le pauvre. Enfin, en l’absence d’un meilleur interlocuteur, c’est à lui que je m’adressais : je préfère un gnome qui ne dit rien qu’un gnome qui dit des conneries.

Ce qui nous amène à Huguette. Cette gnomette est une illustration parfaite de la raison pour laquelle j’ai quitté mes semblables, à Wiks. Elle délire tout le temps, chasse les papillons, batifole en permanence et tente de temps en temps de me voler ma bourse. A notre grand désarroi à tous les deux, ma bourse était à ce moment aussi légère que sa cervelle. Enfin, je faisais attention à trop me laisser affecter par ses excentricités. Je me disais que ce n’était pas vraiment sa faute, que la malheureuse créature était atteinte d’une maladie mentale.

Nous finîmes par arriver à l’Auberge des Deux Ponts, le lieu du rendez-vous que m’avait fixé Jerro. La bâtisse décrépite semblait lutter contre la pluie comme un roseau qui refuserait de plier face au vent. L’eau ruisselait sur le toit de chaume, s’écoulant par torrents sur les pavés. Mais malgré l’apparence piteuse du bâtiment, une place au sec auprès du feu nous apparaissait comme aussi accueillante qu’une oasis dans le désert.
L’intérieur de l’auberge était tout aussi miteux que l’extérieur. Dans la grande salle étaient dispersées de manière aléatoire de grandes tables rondes dont les planches de chêne avaient vu de meilleurs jours. Chaises et tabourets semblaient se presser autour des tables comme des oiseaux autour d’un quignon de pain. Parallèle au mur du fond, un long bar au comptoir usé, dont le bois jadis solide et droit était devenu fragile et irrégulier, ramolli par l’alcool renversé et les poings frappés. Le tout éclairé par la lueur chaude mais tamisée des lampes à huile accrochées au mur.

La clientèle n’était pas vraiment de meilleur acabit. Pour la plupart, c’était des paysans avinés, probablement de habitués venus s’abîmer une fois de plus dans l’alcool. Attablés çà et là se trouvaient d’autres voyageurs plus ou moins imbibés de pluie comme d’alcool. Mais aucune trace de Jerro au milieu des badauds.
Je passai donc demander au tenancier, Tom, s’il avait vu mon ami. Malheureusement, je dus me résoudre à la patience après une réponse négative. Le reste de mon groupe, soulagé d’être enfin au sec, ne se plaignit guère, et nous décidâmes de nous asseoir, verre à la main, en attendant mon contact. En allant nous asseoir, nous eûmes le déplaisir immense de passer à côté de deux hommes nous trouvant visiblement très drôle.
Evidemment, ce n’était pas la première fois que des imbéciles de cette espèce se gaussaient de moi à cause de mon apparence. Cela fait partie inhérente du fait d’être un gnome. Mais ceux-ci n’avaient même pas la décence de le faire discrètement. Et lorsque le ciel s’est amusé à vous tremper jusqu’aux os pendant plusieurs jours d’affilée, vous êtes enclin à vous emporter.
Je suis donc passé à côté de leur table afin de leur glisser quelques insultes subtiles mais bien senties. L’un d’entre eux, sans doute frustré par son incapacité à comprendre ce que je lui dis, tenta de me frapper, sans succès.

Avant même que j’aie eu le temps de le narguer sur sa frappe, nous fûmes interrompus par un grand fracas de bois, suivi du bruit d’un impact puissant et lourd. Un arbre venait de tomber à quelques mètres à peine de l’auberge, signant ainsi sa défaite face aux intempéries. En jetant un coup d’œil au dehors, j’aperçus une déferlante d’eau se jeter dans le soupirail de l’auberge, emportant avec elle boue, branches et quelques autres formes indistinctes.
L’auberge entière avait été saisie par la chute du grand frêne, mais les deux idiots d’un peu plus tôt eurent l’air particulièrement alarmés en voyant l’eau s’écouler au sous-sol, et foncèrent tête baissée à la cave comme s’ils avaient la mort sur les talons. Huguette se jeta dans le soupirail par l’entrée ouverte par l’eau, tandis que Thoriel se précipita pour suivre les deux humains. Wilfred et moi prirent un peu plus de temps, et en nous dirigeant vers le sous-sol, nous pûmes entendre quelques cris aigus, à l’écho inhumain.

La cave était sombre et humide. Les parois de bois semblaient prêtes à craquer sous le poids de la terre argileuse qu’elles retenaient. Le tout était faiblement éclairé par la flamme vacillante d’une lampe à huile solitaire accrochée au plafond. L’huile était presque épuisée, la flammèche n’éclairait plus qu’à quelques mètres. Au-delà, l’ombre reprenait le dessus, semblant nous inviter. Un unique rayon de soleil perçait les ténèbres, venant de l’entrée du soupirail.

Une fois mes yeux adaptés à l’obscurité, je fus face à un spectacle des plus invraisemblables : Jerro était attaché au mur, retenu par des chaînes, et Huguette tentait de le libérer. Un des deux hommes se jeta se Huguette, tentant de l’en empêcher. Près d’eux, quelques gobelins sans doute emportés par les flots peinaient à reprendre pied sur terre. Je vis Thoriel se jeter dans la mêlée, prenant à parti le deuxième humain, et je sortis Berta, ma campagne de toujours, ma fidèle espingole. Derrière moi, j’entendais Wilfred incanter un sort. Après un combat confus mais court, nous parvînmes à maîtriser la situation. Pendant qu’Huguette retirait un poignard de la carcasse d’un des gobelins qu’elle avait tué, nous attachâmes les deux malfrats, les ligotant étroitement, serrant leurs liens jusqu’à avoir la certitude qu’ils se bruleraient les poignets avant de pouvoir s’en défaire.

Tom arriva alors, attiré par le vacarme, et avoua alors ce qu’il cachait :
Les deux lourdauds s’étaient lancés dans le commerce de ratissante, une plante qui s’était récemment mise à pousser dans la région et possédant des effets hallucinogènes. Ils l’avaient menacé pour le convaincre de participer à leur affaire en mettant son auberge à leur disposition.
Jerro avait mis leur commerce à jour, et les deux frères lui avaient tendu un piège pour l’empêcher de parler.
Nous décidâmes de ne pas juger trop durement Tom, qui semblait terrifié au point qu’il passait plus facilement pour une victime que pour un criminel. Nous confisquâmes néanmoins le reste de leur marchandise illicite, et récupérâmes l’argent qu’il avait gagné grâce à la vente de la drogue. Non pas pour le rendre aux autorités, loin de nous cette idée. Disons plutôt que nous cherchions un dédommagement pour les problèmes qu’ils nous avaient causé. Et surtout, que cet argent serait dans de meilleures mains s’il était dans les mains d’un gnome.
Quant aux deux abrutis qui, non content de vendre des plantes toxiques, avaient osé se moquer de nous, nous les traînâmes au bout d’un corde attachée à leurs propres chevaux. A ce jour, je ne suis toujours pas sûr de quel crime nous tenions à punir par cette action ; le trafic ou l’insulte.

Nous nous dirigeâmes ensuite vers Clairval. Un village pittoresque perdu au milieu des terres d’Osgild. Mais pas n’importe quel village pittoresque ; évidemment, tout le monde connait la légende des héros de Clairval, mais à cette époque, le village avait également la particularité de m’héberger, ce qui vaut la peine d’être mentionné. Je vivais dans l’une des petites maisons coquettes du hameau depuis déjà une quinzaine d’année, ayant fui la compagnie de mes semblables à Wiks au profit d’un endroit plus reculé et plus calme. Mais je divague, reprenons notre histoire.

Sur le chemin nous pûmes contempler le paysage boisé du comté de Wiks. Le bois de Myrviel, bien que fatigué par la pluie, se tenait toujours haut et fort, les cimes de ses arbres centenaires semblant vouloir effleurer les nuages. Dans notre sillage détalaient lapins et autres petits mammifères forestiers. Au-dessus de nous, les rapaces survolaient les feuillus, à l’affût d’un écureuil trop téméraire. Alors que j’étais perdu dans mes pensées, je vis un tel rongeur se faire attraper par un corbeau, qui repartit aussitôt vers son nid, sa proie inanimée entre ses serres.

Arrivés à Clairval, nous eûmes tôt fait de remettre les criminels au bourgmestre, monsieur Carillon. Un homme dont l’âge avait visiblement rongé son intellect au capacités déjà trop humaines. Mais néanmoins, un personnage dont la compagnie était assez agréable, surtout comparée à certains de mes compagnons de voyage. Ses traits fatigués témoignaient de son ancienneté, et sa démarche hésitante dévoilait les douleurs musculaires que le temps lui avait infligées. Néanmoins, son dos tenait toujours droit, comme tendu par l’orgueil et la fierté de celui qui a vécu en accomplissant toujours son devoir. Et ses yeux, bien qu’enfoncés profondément dans ses orbites, n’avaient rien perdu de l’espièglerie dont il aimait faire preuve.  

Carillon nous expliqua que Karoom était absent depuis déjà plusieurs jours, ce qui est étrange pour un nain sur le point d’inaugurer son temple. Je savais que les nains ne sont pas connus pour les facultés psychiques, mais je doutais fortement que sa simplicité d’esprit aille jusqu’à oublier le temple sur lequel il travaille depuis des décennies. Nous promîmes donc d’enquêter sur cette disparition, mais pas avant d’avoir profité d’une bonne nuit de repos. Trempé comme je l’était, un verre de lait de chèvre à l’auberge de la ville me ferait le plus grand bien, et je pense que tout le monde ne rêvait que d’un bon lit bien douillet.

Nous nous dirigeâmes donc vers l’auberge, établissement cossu, autant qu’il est possible de l’être dans un village comme celui-ci.  Cateline, l’aubergiste, nous accueillit, m’adressant un grand sourire aux dents mal alignées. D’une main calleuse et flétrie par le travail et le savon, elle nous indiqua une table où nous asseoir. Baissant ses yeux verts vers sa besogne, elle dévoila une unique boucle d’oreille en or, perle jaune dans ses cheveux roussâtres, comme un soleil tentant de percer le ciel écarlate du matin.

Ah, Cateline. Elle est probablement la preuve que les humains sont des créatures plus complexes qu’elles en ont l’air. D’un côté, c’est une irrécupérable idiote. Les concepts scientifiques les plus simples échappent complètement à son esprit étroit, et elle a encore mis l’horloge que je lui ai offerte à l’envers. J’ai tenté de lui apprendre de l’algèbre basique, sans succès. Enfin, au moins j’ai réussi à lui apprendre la soustraction et elle rend la monnaie exacte maintenant. Ah, et je pense bien que la raison pour laquelle elle est aux petits soins avec moi est parce qu’elle pense toujours que je suis un enfant, malgré les nombreuses fois où je lui ai expliqué être un gnome.
D’un autre côté elle dégage quelque chose d’irrésistiblement attachant. Pas du point de vue charnel, son physique étant aussi oubliable que celui de n’importe quelle autre paysanne ici. Mais elle a une attitude inexorablement positive et enthousiaste, et une sorte d’amour maternel qui fait que l’on se sent à son aise avec elle.
Bref, je la méprise autant que la plupart des humains, mais je la supporte mieux.

L’auberge est aussi simple et accueillante que sa tenancière. Les tables rectangulaires en châtaigner sont toujours cirées et nettoyées, peu importe l’heure. Les fenêtres savamment placées inondent la grande salle de lumière pendant la journée. Et la nuit, les lanternes au pétrole fournissent une lumière tiède et apaisante. Cateline se tient généralement derrière le comptoir en « L » dans le coin de la pièce, distribuant sourires aux plus fidèles clients et remontrances aux agités qui font trop de grabuge, tout en astiquant une assiette ou autre pièce de porcelaine.

Ce soir-là, l’auberge hébergeait une troupe de bateleurs et autres prestidigitateurs. Parmi eux, Alissa et Malek, deux acrobates, Elbion, un marchand de confiseries, et Tatiana, une diseuse de bonne aventure. Wilfred, visiblement curieux d’en apprendre plus sur son avenir, alla consulter cette dernière. Je pensais qu’il s’agissait d’une simple charlatane, mais lorsqu’elle prit la main du gnome, ses yeux se révulsèrent, et elle se mit à parler d’une voix monotone, comme en transe. Elle parla d’un grand destin, d’une aventure épique. Puis elle parla d’un grand danger, venu de loin. Alors, elle perdit conscience. Elle fut ramenée dans sa chambre par un de ses amis bateleurs, après que celui-ci ait écarté Wilfred et l’ait accusé de lui avoir fait quelque chose.
J’avais déjà vu le gnome faire de la magie, mais son visage stupéfait m’indiqua qu’il n’était pour rien dans ce qui venait de se produire.

Après ça, la soirée reprit son cours normal. Huguette avala une concoction étrange à l’aspect peu ragoûtant, Thoriel passa sa soirée à s’enivrer, comme tous les nains, prévisibles créatures s’il en est. Après les évènements de ces derniers jours, la pluie incessante, et la compagnie en laquelle j’avais dû voyager, j’avais bien besoin de me défouler. Je défiai donc un bourrin de bas étage au bras de fer. Evidemment, l’idiot accepta, pensant sa victoire évidente face au petit gnome. Malheureusement pour lui, je m’y connais un peu plus en anatomie que la plupart des gueux qui s’adonnent habituellement au bras de fer, et je profitai de ma petite taille pour forcer son bras dans une position des plus inconfortables. Un peu de technique suffit ensuite à compenser le peu de force qu’il pouvait déployer dans sa posture. Je finis par le battre 3 à 2. Bon, j’ai perdu deux rounds, mais c’était uniquement pour faire monter la mise. Je repartis donc avec 14 pièces d’argent de plus en poche, prêt à passer une bonne nuit.
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Cinel
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MessageSujet: Re: Anathazerïn (Chroniques Oubliées)   Jeu 27 Avr 2017 - 11:40

Chapitre 2 : Le temple

Le lendemain, nous nous mîmes très tôt en route vers le temple de Thürdim, espérant y trouver des indices quant à la disparition de Karoom. Les occupants du Bois de Myrval, réveillés de bon matin eux aussi, nous regardaient passer, l’air étonné. Les corneilles se taisaient quelques secondes pour nous voir passer sur les sentiers rocailleurs de la forêt, et les fourmis et araignées déguerpissaient du chemin, fuyant l’ombre de nos bottes. Au loin, un hiboux baîlla une dernière fois avant de s’endormir.

Au bout d’une heure de marche, le bois s’ouvrir sur une large clairière rendue boueuse par la pluie. Au centre de celle-ci se trouvait une grande construction de pierre, grise et froide, mais à l’allure puissante et stoïque. Un temple sans fioriture, humble et durable, qui semblait se moquer du déluge qui tentait de l’abattre. Karoom avait passé sa vie à miner, tailler, et déplacer chacune de ces pierres, et son caractère était imprimé dans la construction à jamais. Rien qu’à voir le temple, on avait l’impression de mieux connaitre le nain, de partager quelque chose avec lui.

Nous pénétrâmes dans le temple pour y découvrir un tableau des plus inattendus. L’intérieur du temple était plongé dans l’obscurité, quelques cris aigus perçant le noir à intervalle régulier. Ne voyant pas bien dans le noir, je décidai d’allumer une torche sur un mur. Quelle ne fut pas ma surprise envoyant une demi-douzaine de gobelins, profanant les lieux de leur présence ignoble et puante. Si tôt la lumière allumée, leurs yeux se tournèrent vers moi.

Les gobelins furent très vite vaincus par nos armes et par leur propre bêtise. L’un d’entre eux tomba de la colonne sur laquelle il était perché, son crâne se fracassant sur le sol en pierre dans une explosion d’os et de cervelle. Un autre, qui s’amusait à nous jeter des objets qu’il avait sans doute trouvé là, fut surpris en voyant son thorax transformé en beignet après un coup de pétoire. Les autres créatures furent rapidement éliminées par la lame d’Huguette. Je l’avais mal jugée, celle-là. Bien que parfois simple d’esprit, elle se montrait d’une efficacité remarquable avec une dague. Je pris note mentalement de ne pas trop lui chercher des noises.

Le temple était dans un état déplorable après le passage des gobelins. Les murs étaient recouvert de déjections, les chaises renversées ou brisées, le marteau en pierre représentant celui de Thürdim sorti de son socle. Les créatures s’en était donné à cœur joie, faisant fi de l’aspect sacré de l’endroit.
Après un rapide examen, nous conclurent que nous ne trouverions ici aucun indice quant à la disparition de Karoom. Nous prîmes un peu le temps d’examiner un coffre logé dans le mur du temple, une boite de fer doté d’une serrure à code au fonctionnement ingénieux que nous ne parvînmes pas à ouvrir. Dépités, nous nous mîmes en route vers la hutte de Krush, le demi-orque de la légende, héros de Clairval et par extension, bon ami de Karoom. Lui au moins saurait peut-être ce qu’il en était.

Arrivés au point que le maire nous avait indiqué, nous fûmes accueillis par des chats. Beaucoup de chats. Les félins semblaient avoir conquis les lieux, la pelouse était recouverte de boules de poils. Derrière ceux-ci, on distinguait deux masures charmantes. De la cheminée de l’une d’entre elle sortait un filet de fumée grise.
« Qui va là », nous demanda le demi-orque de sa voix grave en ouvrant la porte de celle-ci.
« Parlez ! Dites ce que vous avez à dire et foutez le camp. »
Le demi-orque s’ouvrit un peu plus lorsque nous lui parlèrent de la disparition de Karoom. Il ne semblait pas alarmé, cela dit, et nous apprit que si Karoom n’était ni au temple ni à la mine, il était sans doute parti chercher quelque chose dans sa terre natale, dans les Monts Argentés. Sans doute un minerai rare ou autre symbole sacré dont il avait besoin pour finir le temple. La durée de son absence était un peu étrange, mais pas assez pour s’en inquiéter.

Ces nouvelles en poche, nous rentrâmes à Clairval, où nous informâmes Carillon de la présence de gobelins dans les environs et du progrès de notre enquête. Cela fait, nous nous rendîmes à la taverne pour y discuter de la suite à donner à notre enquête.
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Cinel
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MessageSujet: Re: Anathazerïn (Chroniques Oubliées)   Mer 3 Mai 2017 - 19:05

Chapitre 3 : Les gobelins

Après quelques pintes et quelques mots échangés sur la marche à suivre après nos récentes découvertes, nous fûmes interrompus par Cateline qui s’approcha de notre table, accompagné d’un haut elfe à l’air altier. L’elfe mesurait bien quelque tête de plus que Thorriel, qui jusque-là était pourtant le plus grand du groupe. Sa posture droite et coincée et ses sacoches remplies de livres indiquaient qu’il était sûrement un disciple de l’école de magie elfique. Ça, ou un charlatan. Cateline nous fit un grand sourire gêné, et nous demanda si on accepterait qu’il s’asseye avec nous, l’auberge étant gorgée de monde.  Un rapide coup d’œil sur la salle dévoila que celle-ci était effectivement surchargée, remplie des nombreux voyageurs qui attendaient ici l’inauguration du temple.

Nous acceptâmes donc, et une rapide discussion avec l’elfe nous apprit qu’il était effectivement un étudiant en magie arcanique, nommé Morwïndir. Il était venu à Clairval non pas pour y voir un quelconque temple nain, mais dans l’espoir d’y rencontrer Maëla, héroïne de Clairval et magicienne de renom.

La nuit tomba et les discussions tournaient en rond. Suivre Karoom dans les Monts Argentés revenait à chasser un fantôme. Morwïndir se montra intéressé par la disparition du nain, et accepta de nous accompagner, espérant que le nain saurait l’aider à trouver l’ensorceleuse elfe.

Notre discussion fut brusquement interrompue par un cri venant de l’extérieur. C’était Elbion, le marchand de confiseries.
« Au voleur ! Aidez-moi, il s’enfuit, la crapule ! »
Nous nous précipitâmes à l’extérieur juste à temps pour voir une silhouette disparaître derrière le coin d’une maison. Elbion était près de sa roulotte, visiblement blessé. Ni une ni deux, je courus derrière la silhouette, bien déterminé à attraper le brigand qui osait troubler le calme de Clairval.

Sur les talons du petit voleur, j’arrivai jusqu’au mur du village, où je tombai nez à nez avec deux gobelins armés d’arbalètes. Le voleur encapuchonné, sans doute un gobelin lui aussi, s’échappa par un étroit passage dans la palissade. Ses deux complices me décochèrent un carreau d’arbalète chacun avant de le suivre, s’enfuyant dans la pénombre du soir.

Le village se mit très vite à s’agiter, et les habitants de Clairval firent face à un bilan assez déplorable. Outre les marchandises d’Elbion, les gobelins avaient enlevé quelques vaches et de la volaille. Plus grave encore, Louky, le fils d’un villageois, manquait à l’appel. Son père criait à tue-tête que les gobelins l’avaient enlevé pour le manger, et les villageois en émoi se mirent en tête de poursuivre les gobelins, armés uniquement de fourches et autres outils de paysan.

La cohue de la foule ne se calma que lorsque le baron Roderick lui-même arriva sur la place principale pour s’enquérir de ce qu’il s’était passé, et pour apaiser les esprits échauffés des péquenauds les plus impulsifs. Le baron nous prit ensuite à part, pour nous demander un service.
« Je sais que Carillon vous a déjà demandé d’enquêter sur la disparition de Karoom, mais ce qu’il vient de se passer prend le pas sur vos investigations. Si vous le voulez bien, je vous prie de nous aider. Je vous en dirai plus demain matin. »

Nous allâmes donc finir la nuit à l’auberge, l’esprit préoccupé par cette attaque. Les gobelins, d’habitude lâches et opportunistes, avaient osé pousser leurs incursions jusqu’au cœur même du village, et avaient été jusqu’à enlever un jeune garçon. Cela ne présageait rien de bon.

Le lendemain, Roderick nous retrouva sur la place de Clairval, sous le regard curieux des roturiers, venus voir les aventuriers recrutés par leur seigneur. Roderick nous demanda donc d’aider Clairval, nous expliquant que la garde du village avait déjà fort à faire, surtout si les attaques continuaient. Notre mission consistait principalement à retrouver Louky, le garçon enlevé par les gobelins. Le fermier à qui les gobelins avaient volé du bétail nous implora aussi de trouver ses vaches.

La première étape de notre recherche était un vieux moulin abandonné que Roderick et les paysans nous avaient indiqué comme étant la cachette la plus probable des gobelins. Des villageois avaient vu les créatures fuir dans la direction de celui-ci, et les traces de bovidés confirmaient qu’ils avaient emmené leur butin vers le moulin.

Sur place, nous découvrîmes une vieille bâtisse délabrée, aux pierres couvertes de mousse. Les murs écroulés ne protégeaient plus que vaguement ce qu’il s’y trouvait. La tour du moulin en lui-même tenait encore tant bien que mal, ses ailes arborant une toile déchirée et inutilisable. Au milieu des décombres, sous des tentes en peau rapiécées, campait une tribu de gobelins à l’air misérable. Ici, pas de guerriers fougueux, pas de voleurs rusés. La tribu était composée principalement de femmes et d’enfants gobelins aux traits tirés par la fatigue et l’abattement. Deux des trois vaches volées se trouvaient pourtant bel et bien là, et quelques poules courraient encore entre les décombres.

Intrigués par l’aspect affligeant des voleurs d’animaux, nous nous approchâmes calmement, armes baissées. Le garde à l’entrée du village, un gobelin à l’air jeune, encore trop petit pour son armure et son casque qui lui tombait sur les yeux, s’alarma en nous voyant. Il se mit à s’agiter et à crier des phrases incompréhensibles aux autres gobelins derrière lui, qui levèrent la tête en écarquillant les yeux. Après un peu d’agitation, un gobelin plus vieux, au visage couvert de cicatrices, sortit de ce qu’il restait du moulin et s’approcha de nous.
« Moi chef Gamuk. Chef des Nok-nok. Je parler un peu la langue des grandes-guibolles. Quoi vous vouloir aux Nok-noks ? »
Après avoir parlé avec Gamuk, nous apprîmes que lui et sa tribu avaient été chassés des cavernes qui leur servaient de maison par une autre tribu venue du nord, les Crânes Creux. Exilés de leurs grottes, les Nok-noks avaient été contraint de s’abriter dans l’enceinte du vieux moulin et de piller les villages proches pour survivre. Si lui et sa tribu étaient bel et bien coupables du vol de bétail, Gamuk n’était en revanche pas responsable de l’enlèvement de Louky. S’il avait bien été enlevé par des gobelins, alors les Crâne Creux étaient coupables.

Il ne fut pas trop compliqué de convaincre Gamuk de rendre au fermier les animaux qu’il avait enlevés. Le chef gobelin, têtu mais lucide, savait qu’il n’était pas dans son intérêt de se mettre Clairval à dos, ou de se battre avec nous. A notre grand étonnement, nous parvînmes aussi à le convaincre de nous servir de de guide vers l’ancien repaire de sa tribu, où se terraient les Crânes Creux, et même à se battre avec nous. Sur le chemin, nous apprîmes que sa femme, Begdra, était encore prisonnière des envahisseurs, et qu’il espérait pouvoir la libérer avec notre aide. Nous allâmes rendre le bétail au fermier de Clairval, qui nous remit une amulette en remerciement. Un rapide examen révéla qu’elle était magique. Cette amulette en poche, nous repartîmes vers les cavernes des gobelins.

Sur le chemin, nous fûmes surpris par un rugissement animal. Quelle ne fut pas ma surprise en voyant sortir des fourrés une grosse bête brune au poil dru. En nous approchant de la tanière des gobelins, nous avions visiblement dérangé un ours, une bête immense qui se dressa sur ses pattes arrière pour nous intimider de sa hauteur avant de nous charger. La pluie avait trempé son pelage, l’obscurcissant et l’aplatissant sur la peau du grand carnivore. Sa course soulevait des gerbes d’eau qui semblaient rester en suspens derrière sa forme sombre, si bien que l’ours semblait être un tsunami venu nous écraser sous sa puissance brute.

Sa charge fut vite interrompue par un coup de bouclier de Thorriel. Ha, on peut toujours compter sur un roc pour arrêter une vague. Le nain, aidé par Huguette et un chef gobelin à la fois paniqué et déchaîné, eut vite fait de mettre à terre la créature. Etudiant les lieux, nous ne fûmes pas capables de trouver la moindre trace d’oursons ou autre motif qui aurait pu pousser la bête à nous attaquer. Bien qu'interpellés, nous décidâmes de poursuivre notre chemin malgré tout.

La tanière des gobelins était en fait une grotte simple à flanc de colline. Derrière une futaie touffue se cachait l’entrée principale de la caverne. Plus haut, sortant de la terre, se trouvait une petite plate-forme en bois faisant office de poste de garde. On pouvait y voir deux gobelins, visiblement occupés. Après une petite discussion, nous tentâmes de nous infiltrer par le haut du souterrain. Grimpant à flanc de côte, nous parvînmes à surprendre les gobelins postés là, trop occupés à jouer aux cartes.
Une fois les gardes silencieusement éliminés, nous entrâmes enfin dans les cavernes des gobelins. La pièce sous le poste de garde était faiblement éclairée par des torches, et on pouvait voir un escalier étroit descendant vers les tunnels principaux.

En bas se trouvait une grande chambre de pierre aux murs irréguliers. Partout dans la pièce étaient entreposés de manière aléatoire des tonneaux et autres caisses à l’odeur âcre. Les gobelins se servaient probablement de cette pièce comme réserve, mais la nourriture entreposée ici avait pourri et un fort effluve de fruits avariés envahi nos narines. Au milieu de cet entrepôt, aucunement dérangés par ces émanations puantes, se trouvaient deux gobelins.

Ils se figèrent un instant en nous voyant débouler du poste de garde. Puis, une fois le moment de surprise passé, l’un d’entre eux sorti son épée rouillée pour nous charger, tandis que l’autre s’enfonçait dans les boyaux rocheux en criant, cherchant à alarmer ses semblables. Thorriel écrasa le fou qui osait nous foncer dessus seul, et je me sais de ma pétoire pour descendre celui qui s’enfuyait avant qu’il ne sorte de ma vue. La balle l’atteignit au milieu du dos, dans un bruit écœurant de vertèbre fracassée.

Le bruit de la détonation envahi la caverne entière, résonnant dans ses murs, faisant trembler la terre au-dessus de nous. La poudre, en explosant, avait causé un bruit de tous les diables, comme si la foudre elle-même était entrée dans la tanière des gobelins. L’écho du tir nous revint très vite, accompagné de cris de gobelins. Ils se mirent à entrer dans la réserve, sortant des deux accès devant nous. Alors que nous essayions de défaire les créatures, un autre gobelin à l’air pataud sorti du tunnel d’accès sur notre gauche. Sa démarche mal assurée et ses pupilles papillonnantes laissaient penser qu’il était saoul. Son ample cape et son bâton, eux, indiquaient qu’il était sûrement le chaman de la tribu. Levant son bâton, il projeta un éclair qui m’atteint à la cuisse. A moitié au sol, je lui tirai une dernière balle, et avec l’aide de Huguette, prompte à régir, nous l’abattîmes.

Le chaos des combats continue pendant presque deux bonnes minutes lorsque soudain sorti d’un des tunnels la silhouette d’un gobelin énorme. Derrière lui, deux douzaines de gobelins prêts à en découdre. Je jetai un regard à mes camarades. Huguette était en sueur, la peau écorchée à de multiple endroits par les lames des gobelins. Thorriel luttait contre trois gobelins, les tenant difficilement en respect. Morwïndir et Wilfred incantaient un énième sort, espérant pourvoir changer l’issue du combat. Gamuk reculait, une longue estafilade sanguinolente courant le long de son bras. Mais déjà des gobelins s’approchaient d’eux, prêt à leur sauter dessus. Un rapide coup d’œil dans ma pochette m’apprit que je n’avais plus de balle. C’était la fin pour nous.

Contre toute attente, le gobelin démesuré ne sembla pas vouloir nous finir. Il calma les siens en deux mots, et même ceux qui étaient encore occupé à se battre avec nous rompirent le combat et reculèrent, obéissant à son ordre. Nous regardant, il leva une main, sa paume vert pâle tournée vers nous, pour nous sommer de cesser de nous battre.
« Kolik, chef des Crânes Creux. Vous avoir suffisamment semé la pagaille dans tribu. Pourquoi vous venir ici et tuer mes serviteurs ? »  
Profitant de ce moment de calme, nous expliquâmes au gobelin que nous voulions qu’il nous remette le garçon qu’il avait enlevé. Il jeta un regard à ses hommes, puis s’adressa de nouveau à nous.
« Crânes Creux pas enlevé de garçon. Mauvais goût, pas assez de chair. Trop de bruit, aussi. »

En, discutant plus longuement avec Kolik, nous nous rendîmes à la conclusion qu’il disait la vérité. Nous comprîmes aussi qu’il avait cessé le combat pour protéger les siens. Même si nous avions déjà tué beaucoup des siens, Kolik préférait sauver ceux un maximum de ceux qu’il restait plutôt que de venger les morts. Il ne semblait pas très jouasse à l’idée de nous laisser en vie, mais il savait que nous ne mourrions pas sans emporter avec nous une dizaine de gobelins supplémentaires. Sa tribu avait déjà payé une assez lourde taxe dans ce combat.

Il accepta de ne plus attaquer Clairval, conscient que ses habitants ne se laisseraient pas faire. Il ne nous rendrait pas les marchandises d’Elbion ni les autres objets volés, cela dit. Il accepta de rendre à Gamuk sa femme, Begdra. Celle-ci était couverte de contusion et d’entailles, témoignant du traitement qu’elle avait subi pendant sa captivité.

Enfin, avant de partir, nous demandâmes à Kolik pourquoi sa tribu avait migré vers le sud. Ce qu’il nous révéla nous glaça le sang. Il fuyant la venue d’une grande armée monstrueuse, faite de gobelins, d’orques, de trolls et de géants, menés pas « quelque chose de puissant ». Cette armée, venue du nord, continuait sa descente vers le sud, pillant et rasant tout sur son passage, tuant ou enrôlant tous ceux qu’elle croisait. Les Crânes Creux, non désireux de se joindre à cet ost funeste, avaient fui vers Clairval. Kolik avait décidé chasser les Nok-noks et de prendre leur place, jugeant ceux-ci trop faibles pour les mélanger à sa tribu. Il nous demanda ensuite de partir, refusant de répondre à nos autres questions. Nous étions déjà restés bien trop longtemps en son domaine et avions fait bien trop de dégâts. Le remerciant de sa miséricorde, nous sortîmes de là sans demander notre reste.

Nous avions appris beaucoup de chose, et récupéré la femme de Gamuk, mais toujours pas de trace de Louky. En entendant son nom alors que nous discutions de cela, Begdra vint nous parler, dans un commun très correct. Elle était, semble-t-il, la sage des Nok-noks, et avait étudié la langue pour pouvoir servir de diplomate ou d’interprète. Elle nous dit qu’elle connaissait bien Louky, car le garçon était en réalité un grand ami de son fils à elle, Mox. Mox était un gobelin hors du commun, à l’esprit affuté et capable de parler le commun presque parfaitement. Il s’était lié d’amitié avec Louky alors que celui-ci jouait dans les bois. Depuis, les deux jouaient souvent ensemble, en faisant attention de ne pas révéler cette amitié taboue au père de l’humain, qui n’aurait pas compris cette association proscrite. Les deux jouaient près du repaire des Nok-nok quand celui-ci avait été attaqué, et s’étaient enfuis avant de se faire prendre. Begdra pensait qu’ils avaient fui vers la mine de Karoom, où ils aimaient bien jouer.

Après nous être séparés de Gamuk et de Begdra, nous prîmes la décision d’aller inspecter la maison de Karoom et la carrière située non loin de la demeure du nain. Au passage, nous y trouverions peut-être un indice quant à la disparition de celui-ci.

Sur place, quelqu’un nous attendait. Sortant de la cahute de Karoom, apparut non pas un nain, mais une elfe à l’allure élégante, vêtues de longues robes témoignant de son rang parmi les mages elfiques. Morwïndir reconnu en elle Maëla, la grande ensorceleuse qu’il était venu rencontrer ici. Mais avant même qu’il puisse formuler une phrase, Maëla nous interpella.
« Hé, vous. Vous n’auriez pas vu Karoom ? Ou plus simplement, un chevalier en armure blanche, avec un gantelet en argent. Je l’ai vu dans un rêve, et je le cherche depuis. »
L’elfe était venue demander conseil à son ami nain quant à l’objet de ses visions. Bien sûr, son chevalier en armure blanche ne nous intéressait pas plus qu’un derrière de blaireau, et nous n’avions de toute façon pas de réponse à lui fournir. Au contraire, nous avions de notre côté bien des questions. Avait-elle une idée de l’endroit où Karoom aurait pu se rendre ? Savait-elle quelque chose au sujet de cette pluie diluvienne que ne cessait de tomber ? Avait-elle entendu parler de la grande armée monstrueuse qui se formait au nord ?

Visiblement peu encline à répondre nos questions, voire même complètement désintéressés par celles-ci, l’elfe nous ignora complètement, disparaissant dans un flash de lumière magique. Faisant fi de nos interrogations et problèmes, l’elfe venait de se téléporter on ne sait-où, nous laissant livrés à nous même. Nous étions tous assez choqué, mais le plus affligé d’entre nous était sans doute Morwïndir, à en juger par son le visage dépité. Il avait la personne qu’il cherchait apparaître et disparaître devant ses yeux avant même d’avoir pu s’entretenir avec elle.

Qu’importe l’elfe et sa magie stupide, nous continuâmes notre enquête. La maison de Karoom, simple et dégarnie, ne nous apprit rien d’utile. Nous pénétrâmes donc dans la carrière de pierre.

Les mines du nain se séparaient en une multitude de couloirs rectilignes dont on ne pouvait apercevoir le fond. Au détour de l’un de ces tunnels, nous nous mîmes à entendre des murmures, et des chuchotements apeurés venant d’une alcôve à l’entrée bloquée par un gros rocher. Je parvins à déplacer celui-ci à l’aide d’un système de levier ingénieux, mais en tombant en contrebas, le rocher heurta quelque chose. Un feulement sec, suivit de cliquetis chitineux, nous signala que dans sa chute, la caillasse avait réveillé un ankheg. Celui-ci surgit des profondeurs et me mis à terre avant que je ne puisse réagir. Ma tête heurta violemment le sol, et la vue de mes alliés sortant leurs armes s’obscurcit alors que tombai dans les pommes.

Mes yeux se rouvrirent sur le visage inquiet de Wilfred. Non loin de moi gisait la carapace inerte de l’insectoïde, une dague plantée entre deux plaques de chitine. Une fois relevé, j’accompagnai mes alliés jusqu’au fond de l’alcôve d’où venaient les murmures terrifiés. Là, recroquevillés, nous vîmes un jeune garçon humain et un jeune gobelin, serrés l’un contre l’autre. Voyant que nous ne leur voulions aucun mal, ils se calmèrent, et nous pûmes les raccompagner hors de la grotte.

Ils s’étaient caché ici pendant l’attaque des Crânes Creux, mais avaient été poursuivi par un ankheg, avant de se réfugier dans une petite alcôve dans laquelle la créature ne pourrait les atteindre. Rageuse, celle-ci s’était acharné sur la paroi de pierre, jusqu’à déclencher un petit éboulement qui avait scellé l’alcôve avec le gros rocher que nous avions déplacé.

Mox était capable de rejoindre ses parents seul, et nous raccompagnâmes Louky jusqu’à Clairval, où nous fûmes accueillis en héros par le village en liesse suite au retour du fils perdu.
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Nutt
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MessageSujet: Re: Anathazerïn (Chroniques Oubliées)   Dim 7 Mai 2017 - 14:00

Fort Boueux

Voyage dans la boue

Nos cinq aventuriers sont à Clairval depuis une semaine après avoir retrouvé et sauvé les jeunes Mox & Louky. Ils sont bientôt embauchés par le Baron Rodrick pour conduire un chariot de vivres à Fort Boueux, qui se trouve un peu isolé depuis que la route est sous les eaux. Une nouvelle recrue pour le Fort doit les accompagner : il s’agit de Julius, un dandy qui est le propre frère du commandant de la garnison, une prêtresse nommée Andra Mortemire.
La route boueuse est quasiment impraticable et le trajet épuisant. Ils font une halte à Vireux, un petit village qui servait de rempart entre les peuples hostiles du Désert des Morteroches et la Contrée de Wyks. À Vireux, le groupe s'attire quelques ennuis puisque Licia, une charmante jeune femme sortant à peine de l'adolescence a perdu sa vertu avec Julius durant la nuit.
Lors du voyage entre Vireux et Fort Boueux, ils rencontrent Shade, le loup de Félindra Lupus. L'animal ne se montre pas agressif et continue son chemin sans réellement s'intéresser à eux.
Peu de temps avant d’arriver à destination, ils sont attaqués par des orques en embuscade. Sur le cadavre de l’un d’eux, Julius reconnait un bracelet d’argent en forme de poissons, qui appartient à sa sœur.



Julius Mortemire

Fort Boueux

Douze orques et leur chef occupent le fort. Ils tiennent les soldats et leur commandant prisonniers. Au milieu de la nuit, ils ont pour mission d’allumer de grands feux sur les tours afin de guider une armée qui navigue sur le marais transformé en lac à cause des fortes pluies qui s'abattent sur la région depuis des semaines. Les orques doivent arriver en radeau à la fin de la nuit.


Andra Mortemire

Le groupe doit prendre le fort et libérer Andra et ses hommes. Elle leur raconte ce qui s’est passé et les intentions des orques. Elle leur propose de remettre rapidement en état les catapultes et de les diriger vers le marais. Plus tard dans la nuit, de nombreuses embarcations arrivent vers le fort et accostent. Les cinq aventuriers font feu et infligent de lourdes pertes dans l'armée orque. L’objectif n’est pas de tenir face à l’armée. Pendant ce temps, les soldats épuisés de Fort Boueux font route vers Vireux pour préparer le village à recevoir un assaut.


La bataille de Vireux

Les aventuriers et Andra Mortemire préparent Vireux à l’assaut. L’attaque commence par des zombis : les cadavres réanimes des soldats ou des orques de Fort Boueux essayent d’abattre la porte principale. Ensuite, plusieurs vagues d’orques se succèdent et, pour finir, les cadavres fraichement tombés se relèvent au moment où les shamans entrent à nouveau en jeu. Des éléments déterminants font pencher la balance en faveur des héros comme des armes de sièges incroyables fabriquées par Melchior d'une efficacité redoutable ainsi que le courage et le sens de la stratégie des autres membres du groupe. Au petit matin, alors que tout espoir semble perdu face à assaut d'une centaine d'orques, des troupes naines menées par Karoom et Krush prennent l'armée ennemie à revers.
Melchior, Wilfred, Huguette, Thoriel et Morwindir deviennent les héros de Vireux et leurs exploits sont bientôt propagés partout dans la contrée.



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Nutt
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MessageSujet: Re: Anathazerïn (Chroniques Oubliées)   Dim 7 Mai 2017 - 14:39

Le Sanctuaire

Le problème de Twemby

La notoriété des héros de Vireux a dépassé les frontières de la baronnie. Un jeune halfelin du nom de Tibur Tendre-Pied, envoyé par le Graf de Twemby, est arrivé à Clairval pour quérir leur aide contre des orques. En chemin, les PJ peuvent constater les premiers dommages collatéraux de la guerre qui s’installe : ils trouvent une ferme abandonnée occupée par des brigands. Lors de leur petit voyage, ils découvrent que la réputation des halfelins concernant la nourriture n'est pas usurpée. À Twemby, le Graf Mildengap les engage pour une opération commando contre l’état-major d’une armée ennemie qui se rassemble.
Les héros ont une semaine pour tuer les chefs de l'armée orque présente en Hautesylve avant que les nains envoyés par le Prince Tomar d'Arly ne les attaquent. Il faut à tout prix forcer les orques à quitter la forêt sans quoi les nains seront obligés de pénétrer dans le territoire Elfe et s'en suivra un conflit bien plus sanglant que celui qui oppose Morteroche au monde libre. Le Graf promet une belle récompense et donne une escorte aux héros en la personne de Tibor Tendre-Pieds, le frère de Tibur.



Tibur Tendre-Pied

Le temple de Trenner

Arrivés à un points d'observation situé en bordure d'une faille creusée dans la roche et surplombant la forêt de Hautesylve. Nos héros se rendent compte qu'une petite partie de la forêt a été entièrement déboisée et offre à présent un refuge aux orques noirs de Morteroche. Ils passent deux jours sur place et font la connaissance de 3 elfes qui cherchent l'entrée d'un passage secret menant vers un temple de Trenner, le dieu du temps et des ancêtres.


Tinsirith, Menel Feuille Rouge, Aram Feuille Rouge

Tinsirith, Aram et Menel sont des électrons libres et le groupe comprend qu'ils ne sont pas au courant de la raison qui pousse les responsables elfes à ne pas réagir face à la destruction de leur forêt. Ils trouvent le passage vers le temple et s'engouffrent dedans, Tibor reste dans la faille pour monter la garde. À l'intérieur du temple, le groupe tue un énorme Ogre et libèrent des prisonniers humains torturés par les peaux vertes. Ils ont l'occasion d'interrompre un rituel préparé par un shaman et son assistant et de massacrer d'autres orques.

Le Sanctuaire

Alors qu'ils explorent le temple, ils font une découverte incroyable, une salle vielle de 1500 ans abritant une sphère en cristal montrant une chaîne de montagnes immaculée. La sphère est accompagnée d'une stèle sur laquelle est inscrit un texte écrit en nain et en elfique.


Quand viendra le temps des pleurs
Et des langues coupées,
Pour défendre leurs terres
En de bien sombres heures,
Des héros devront retrouver
Le gant d’acier et de lumière.

Dans les Monts des Brumes du Nord,
Dans sa gangue de ténèbres,
Gît da puissance de Lunédor
Enfermée dans les ruines,
De la fière Anathazerïn.

Perdu dans les arbres maudits,
L’Elfe d’Airain accompagne
Le Gardien dans le jardin flétri
De sa haine et de sa hargne.
Cherche les Indécis. Cherche les bois.
Passe l’Arche de Brume

Et entre le coeur plein d’émoi
Dans la verdure chlorée
Des jardins de l’amertume
Où dort le Gardien Nacré,
Avant d’être porté au loin,
Aux portes de sa Cité d’Airain.

Alors les antiques splendeurs
Seront révélées aux héros
Pour restaurer la grandeur
Et les atours royaux.

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Cinel
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MessageSujet: Re: Anathazerïn (Chroniques Oubliées)   Ven 19 Mai 2017 - 15:15

Chapitre 4 : Fort-Boueux

Monsieur Carillon nous apprit que le baron Roderick n’était pas à Clairval, il s’était rendu au temple de Karoom pour constater par lui-même l’état des lieux. Nous nous y rendîmes afin de l’avertir de l’arrivée de l’armée monstrueuse dont avait parlé Kolik, et de réclamer la récompense qu’il nous avait promis.

Nous trouvâmes le baron Roderick en contemplation devant le temple. Je ne l’ai pas encore dit, mais Roderick était aveugle. Le temps avait emporté sa vue, et usé son corps, mais son esprit restait vif. Qui plus est, il avait toujours l’air d’en savoir bien plus que les autres, aveugle ou pas. Assis sur une pierre devant le temple, il semblait en admirer la beauté alors même qu’il ne pouvait la voir.

Nous échangeâmes quelques mots quant à l’état du temple. Le baron semblait attristé de voir l’œuvre de son ami ainsi saccagée. Quant à l’armée venue de Nord, il était déjà au courant. Des rumeurs d’invasion circulaient déjà dans les hauts échelons de la contrée, et le Prince de Wiks avait intimé aux responsables frontaliers de se tenir prêts.

A ce sujet, d’ailleurs, il nous demanda si nous étions d’accord pour escorter un convoi vers Fort-Boueux, petit bastion au Nord du bois de Myrviel qui surplombait le marais de Bourbe-Vieux. Le convoi contenait des armes et des vivres pour la garnison, mais notre mission d’escorte ne concernait pas tant celles-ci que la personne qui accompagnait le convoi. Avec ces fournitures voyageait Julius Mortemire, le frère d’Andra Mortemire, la commandante en chef de Fort-Boueux. Julius était, selon ce qui se disait, un guerrier exceptionnel et un parangon de la justice, un homme dont l’esprit n’égalait en finesse que la lame de son épée. Une fois le convoi arrivé à destination, nous serions payés 30 pièces d’argent chacun.

Haussant un sourcil, nous acceptâmes cette mission, bien qu’il semble étrange qu’un tel homme ait besoin d’une troupe comme la nôtre pour l’escorter. Le baron nous informa aussi que notre récompense pour avoir sauvé Louky arriverait avec le convoi, généreusement payée par le Prince en personne.

Rentrés à Clairval, monsieur Carillon nous informa davantage des détails de notre mission. Le convoi arriverait dans 2 semaines, et nous devions l’escorter à travers le bois de Myrviel en passant par le petit village de Vireux, un hameau miteux qui nous permettrait néanmoins de passer une nuit sous un toit. Il nous informa aussi qu’il était de notre devoir de traiter convenablement Julius, et qu’il fallait nous montrer précautionneux avec lui. Son père était en effet un noble important à Wiks, et sa sœur était une des commandantes les plus respectées de la principauté d’Arly.

Nous patientâmes donc 2 semaines, que je consacrai presque exclusivement à une nouvelle invention. Je travaillais sur un golem, une créature de métal et de rouages, et, je dois bien l’avouer, d’un petit peu de magie. Il s’agissait d’une construction semblable à un homme, mais au poing bien plus solide. D’un simple mot de pouvoir, l’homoncule métallique obéissait à ma moindre commande. Inquiété par le temps qui refusait de s’améliorer, j’installai aussi des pans de cuir entre les doigts de sa main droit, de sorte que lorsque celle-ci était déployée elle ressemblait à une palme étanche pouvant me servir de parapluie. Quitte à me mouiller pour la science, autant que mon génie me serve à rester au sec pendant que la piétaille se fait tremper.

Quand enfin arriva le chariot de marchandises tant attendu, Roderick vint nous voir, et nous présenta la somme convenue pour avoir retrouvé Louky et réglé le problème des gobelins. Une dizaine de pièces d’or que nous divisâmes équitablement entre nous, quoiqu’objectivement, j’avais sans doute mérité bien plus que ma part. Mais ma bonté n’ayant d’égal que mon génie, je laissai passer.

Alors que nous célébrions la réception de notre récompense à l’auberge, un halfelin vit nous voir à notre table. Il nous avait entendu parler du chariot, et de notre mission d’escorter Julius jusqu’à Fort-Boueux. Le halfelin faisait partie du groupe qui avait accompagné le chariot de Wiks jusqu’à Clairval, et il était visiblement soulagé d’arrêter ici son voyage. Il nous apprit que la réputation de Julius était une imposture, que celui-ci n’était pas le chevalier honnête et galant qu’il prétendait être, mais un ivrogne paresseux et capricieux, imbu de sa personne au point d’en considérer ses compagnons de voyage comme des esclaves. Nous commençâmes à nous inquiéter, mais nous étions loin de nous attendre à l’entendu du calvaire qui nous attendait.

Le lendemain matin, bien après l’heure à laquelle le convoi devait partir, nous attendions. Thorriel faisait les cent pas autour du chariot, Huguette fulminait de devoir attendre comme ça, et Morwïndir semblait faire semblant de se plonger dans un livre pour masquer son impatience. Wilfred et moi nous étions lancés dans un concours d’énigme. Je dois avouer qu’il se montrait un adversaire plus coriace que prévu. Les deux bœufs qui tiraient la charrette semblaient s’ennuyer autant que nous, et comme nous ils auraient sans doute préféré en finir le plus tôt possible.

Après une bonne heure d’attente, Julius finit enfin par arriver. Enfin, « arriver » est un grand mot. Le fils de noble claudiquait avec difficulté vers notre chariot. Son corps entier puait l’alcool, et son haleine refoulait la bile. Avant même que nous n’ayons pu mot lui dire, il s’effondra à l’arrière de la charrette et s’endormit. Nous échangeâmes quelques soupirs, alors que nous commencions à notre rendre compte de la réelle difficulté de la mission. Lorsque le gamin se réveillerait, nous comptions bien le mettre au travail.

Plus facile à dire qu’à faire, cela dit. Alors que nous affrontions toutes sortes d’embûches sur le chemin de Vireux, Julius s’obstinait à rester allongé dans le chariot à siffloter des chansons grossières. Il fallut faire preuve d’intimidation pour enfin réussir à le faire travailler. Et même lorsqu’il mettait enfin la main à la pâte, il était encore insupportable, nous menaçant de rapporter cela à son père et se plaignant constamment. Au bout d’en moment, nous finîmes par en avoir assez. Nous abandonnâmes l’idée de le forcer à nous aider, préférant le laisser à l’arrière du chariot pendant que nous nous occupions des obstacles.

En effet, le trajet était jonché de contretemps, comme si la forêt elle-même voulait nous retenir, nous intimer de rebrousser chemin. Nous fîmes fi de cette instruction, et persévérâmes à travers la boue, les arbres couchés à travers la route, et les montées.

Enfin, nous finîmes par arriver à Vireux, petit village juché sur un surplomb rocheux entouré par le bois de Myrval. La montée fut pénible, mais enfin nous finîmes par pénétrer à l’intérieur de la palissade de la ville. Sur place, les villageois firent chercher leur chef, un homme d’un certain âge nommé Gründer Mark, dont la carrure encore solide indiquait que le temps avait su décolorer sa crinière mais n’avait pas réussi à éroder sa force. Celui-ci, insista pour que nous soyons reçus en grande pompe, nous conviant à un banquet tenu dans le grand hall au centre du village. Vireux ne semblait pas avoir beaucoup à offrir, pourtant ses généreux habitants avaient garni les tables du grand hall comme pour un festin de roi.

Pendant le repas, ce bon à rien de Julius s’acharnait à faire du rentre-dedans aux jeunes roturières, notamment à Licia, avec qui nous échangeâmes quelques mots, par lesquels nous apprîmes qu’elle était la cousine de Louky.

Le festin fini, les habitants du hameau débarrassèrent le hall pour nous permettre d’y dormir. Je dormis comme un loir, content de passer enfin une nuit au sec. La paille n’était pas aussi douce qu’un bon lit mais elle était suffisamment confortable pour relâcher la tension accumulée ces derniers jours.

Le lendemain matin, au réveil, nous ne trouvâmes aucune trace de Julius. Le gamin avait tout bonnement disparu. Il ne fut cependant pas trop dur à trouver. En faisant le tour du village, nous le vîmes sortir par la fenêtre du premier étage d’une maison de bûcheron. Au moment où il toucha le sol, des cris s’élevèrent dans la maison. Julius sembla s’en moquer, et nous regarda d’un air de dire « Bon, on y va ? ». Cela ne plut pas du tout à Thorriel, qui lui écrasa la face contre le mur d’une maison voisine, assommant le jeune insolent.

Il fut rapidement clair que Julius avait été faire des galipettes avec la fille d’un des villageois, qui cria haut et fort que sa fille avait été déshonorée et qu’il demandait réparation. Gründer Mark parvint à le calmer et nous fîmes la promesse au bûcheron d’apporter à Andra Mortemire une lettre de plainte pour qu’il soit dédommagé.
Sur ce, nous jetâmes Julius dans le wagon et reprîmes notre route vers le Nord.

Une demi-journée après avoir quitté Vireux, Morwïndir fit arrêter le convoi. Il nous fit un signe nous intimant d’être silencieux, et nous pointa du doigt la clairière en contrebas. Entre les buissons, nous aperçûmes une bande d’orque qui tentait de se cacher, tâchant visiblement de nous tendre une embuscade. Huguette s’enfonça dans la forêt pour les prendra à revers, et Thorriel se saisit de sa hache. Affichant un air innocent, nous fîmes semblant de tomber dans leur piège. Mais lorsqu’un orque sorti des fourrés, chargeant le chariot, il fut accueilli par un missile magique et une balle de Bertha. Les autres suivirent rapidement le premier dans la tombe.

Tous les orques portaient des armures marqués d’un symbole représentant une tête de mort blanche. Nous conclûmes qu’il s’agissait là d’éclaireurs venus faire un peu de reconnaissance avant l’arrivée de la grande armée du Nord. Nous trouvâmes aussi un curieux bracelet en forme de poisson sur l’un des orques. Julius sembla choqué en le voyant.

« C’est le bracelet de ma sœur ! Regardez, j’ai le même ! »

Tout cela ne présageait rien de bon. Que les orques soient déjà aussi loin au sud était une réelle source d’inquiétude, mais imaginer qu’il était arrivé quelque chose à Andra Mortemire nous mis en alerte.

Cette nuit-là, alors que nous campions en forêt, nous fûmes réveillés par un bruit, un murmure qui rôdait autour du camp, secouant les feuilles des buissons nous entourant. Puis, d’un coup, sortant de la verdure, apparut un grand loup noir. Dans sa crinière se reflétait les derniers rayons de la lune. L’animal nous toisait d’un air altier. Il sembla un moment s’intéresser à nous, puis déguerpit lorsque Thorriel tenta de s’approcher de lui. Après une petite discussion, nous convînmes qu’il s’agissait là de Shade, le loup de Félindra Lupus. Mais que faisait-il ici ?

Lorsqu’enfin nous fûmes en vue de Fort-Boueux, nous comprîmes très vite que quelque chose clochait. En nous approchant, nous remarquâmes que les sentinelles qui patrouillaient sur le mur sud du fort avaient une drôle de démarche. Et pour cause ! En y regardant de plus près, nous vîmes qu’en fait, c’était des orques, qui avaient enfilé des armures de soldat trop petites pour elle pour se faire passer pour des gardes normaux.

Nous vînmes à la conclusion que le fort avait déjà été pris. Cette discussion sembla réveiller Julius, qui se joignit à notre discussion, beaucoup plus sérieux que d’habitude. Le petit semblait véritablement concerné par sa sœur, et savoir que le fort avait été pris l’inquiétait au plus haut point. Il insista pour que nous foncions vers le fort, empruntant sa grande porte, mais nous parvînmes à le calmer pour préparer un plan.

Wilfred envoya son araignée explorer le fort. Il nous apprit que les orques étaient séparés en plusieurs groupes, et que les soldats survivants étaient enchaînés dans le sous-sol des tours nord. Les morts, eux, étaient entassé en une pile morbide dans ce qui était la salle à manger du fort.

Nous vidâmes le chariot de ses marchandises. De toute façon, elles ne seraient plus utiles au fort. Morwïndir en prit les rennes, pendant que Thorriel, Huguette et Wilfred se cachaient sous la bâche du wagonnet. Moi en mon golem resterions en arrière pour ne pas éveiller les soupçons des orques. Nous comptions en effet les laisser croire qu’ils avaient su nous piéger pour les forcer à abaisser le pont-levis et à lever la herse qui nous barrait l’entrée du fort. Mais bien sûr, nous étions prêts. Aussitôt après avoir vu mes compagnons franchir le pont-levis, j’entendis des bruits de combat. Moi, Julius et mon Golem fonçâmes nous coller à la herse. Après une attente qui sembla durer une éternité, celle-ci s’ouvrit enfin. Les orques, eux aussi attirés par le bruit, débarquèrent dans la cour juste devant nous. Ils parvinrent à abattre mon golem et je crus ma dernière heure venue. Quand tout à coup, je vis une dague trancher la gorge d’un orque qui était en train d’abattre son glaive sur moi. Derrière lui, Huguette semblait concentrée sur son œuvre de mort. Ma surprise augmenta encore en voyant l’orque tout juste abattu se relever et se battre contre ses congénères. Au loin, je vis Wilfred agiter ses bras comme s’il était derrière la magie qui contrôlait le cadavre.
Ah le saligaud, il avait bien caché son jeu. Mais l’heure n’était pas aux réprimandes.

Pendant ce temps, Julius avait foncé au plus haut étage de la tour, cherchant à libérer sa sœur en ignorant toute forme de raison ou de logique. Thorriel s’engouffra dans le bâtiment principal à sa suite, pour tenter de le sauver de sa bêtise.

Lorsqu’enfin la bataille dans la cour se termina, nous montâmes à la recherche du nain et de Julius. Julius était au sol, visiblement inconscient mais vivant. Nous vîmes Thorriel appuyé sur son arme, un pied sur le cadavre d’un orque immense en armure lourde. Il nous accueillit d’un rictus nerveux.

« Bah alors, qu’est-ce qui vous a retenu si longtemps ? »
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